ANNUS HORRIBILIS

La pandémie actuelle de COVID-19 a frappé l’humanité comme un fléau biblique ou historique, avec une rapidité sans précédent. Depuis ses débuts apparents à la fin de 2019 à Wuhan, elle s’est répandue dans le monde entier, provoquant près de 100 millions de cas confirmés et près de 5 millions de décès. Les mesures de protection (personnelles et sociétales) destinées à réduire l’impact de la pandémie ont eu un impact considérable sur la vie quotidienne dans la plupart des régions du monde et ont déjà produit d’énormes conséquences économiques.

Les professionnels de la santé, cardiologues interventionnels compris, ont été particulièrement touchés par la COVID-19,
conséquence de leur rôle direct dans le soin des patients.

De fait, la COVID-19 est associée à un certain nombre de complications cardiovasculaires, notamment les myocardites, les syndromes coronaires aigus, l’insuffisance cardiaque, les troubles du rythme et la maladie veineuse thrombo-embolique. Près d’un quart des personnes hospitalisées pour COVID-19 ont reçu un diagnostic de complications cardiovasculaires, qui contribuent à environ 40% de tous les décès liés à la COVID-19.

La pandémie a également affecté la disponibilité du personnel des salles de cathétérisme, aussi bien médecins que paramédicaux, en raison des mesures de quarantaine, de la contagion directe ou du personnel envoyé dans d’autres services de l’hôpital dans le besoin. L’impact de la pandémie sur l’activité programmée des services de cardiologie interventionnelle a été énorme pour les interventions cardiaques coronaires et structurelles. On a observé une réduction des hospitalisations pour syndrome coronaire aigu, une augmentation des délais de coronarographie et d’angioplastie, une restriction dans les hospitalisations en soins intensifs et une augmentation de la prévalence du choc cardiogénique et des complications mécaniques.

LE CONGRÈS FRANCOPHONE DE CARDIOLOGIE INTERVENTIONNELLE, CONGRÈS PRÉSENTIEL

L’époque des méga-congrès, où des dizaines de milliers médecins voyageaient du monde entier pour se rassembler dans un même lieu, est probablement révolue. À l’avenir, de tels événements se dérouleront à une échelle beaucoup plus petite avec des diffusions sur les médias sociaux et le partage d’informations via différents canaux. Les préférences des professionnels de santé en matière de recherche d’information ont changé au fil des ans. Beaucoup exigent maintenant du contenu dans un format et à une heure qui leur conviennent.

Pourtant, l’interaction mutuelle face-à-face est l’un des éléments les plus importants de la communication entre les êtres humains et demeure la raison principale de la fréquentation inébranlable des congrès malgré de nombreuses possibilités de distraction. L’effet créé par l’écoute des présentations de la bouche de l’orateur, et en étant témoin de cette expérience passionnante, ne peut pas être vécu en surfant en ligne, quelles que soient la résolution de l’écran de l’ordinateur et la sophistication de son système de son. Des solutions à des problèmes complexes apportées par un expert expérimenté ne peuvent être possibles que par une communication interactive. Les fameuses controverses du congrès francophone sont une parfaite illustration de cette interaction.

Le compagnonnage est la base de notre formation en milieu hospitalier, mais aussi du partage d’informations lors des congrès. L’intérêt pour les congrès de cardiologie interventionnelle ne devrait donc pas faiblir dans un proche avenir. La renommée du Congrès Francophone est due en grande partie à la qualité de ses vidéotransmissions d’interventions en direct, pilier de l’enseignement de la cardiologie interventionnelle depuis l’époque d’Andreas Gruentzig (1980). Les démonstrations de cas réels sont devenues des outils pédagogiques essentiels et constituent une expérience éducative immédiate et intense, bien supérieure aux cas enregistrés, grâce à l’engagement du public dans une réalité non filtrée et à la participation à la prise de décision en temps réel. Nous avons pris l’habitude de sélectionner des cas pratiques, modérément à très complexes, qui peuvent être entrepris sans compromettre la sécurité des patients, en détaillant les processus décisionnels utilisés par les opérateurs et en discutant les conseils, astuces et techniques, la gestion éventuelle des complications et l’appréciation des limites acceptables. Ces cas, retransmis du début à la fin, permettent aux participants de comparer leur pratique quotidienne à celle des autres et de progresser sur la qualité de leur pratique.

Enfin, les ateliers destinés aux plus jeunes leur permettent d’acquérir les connaissances indispensables aux activités les plus innovantes.

Notre objectif est que chacun des participants au Congrès Francophone retire cette année encore les enseignements qu’il sera venu y chercher.

En octobre 2020, entre deux périodes de confinement, nous avons eu la chance de pouvoir organiser le seul congrès de cardiologie sous forme hybride, c’est-à-dire à la fois en présentiel et en virtuel. Il en sera de même cette année, ce qui permettra d’éviter les inconvénients des congrès exclusivement virtuels..

 

Le Comité d’Organisation